Ligue 1 - Comment Marseille et Pablo Longoria ont réorienté le mercato avec l'arrivée d'Igor Tudor

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LIGUE 1 - Marseille a redressé le cap. Le départ de Jorge Sampaoli, en fin de semaine dernière, a contraint Pablo Longoria à revoir certains plans. Les profils recherchés ont changé et vont devoir coller à la nouvelle identité de jeu marseillaise. Mais le timing et le choix du nouvel entraîneur, Igor Tudor, ont tout de même permis à la direction de l'OM de ne pas repartir de zéro.

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Ces derniers jours, beaucoup se sont accordés le loisir de comparer le départ de Jorge Sampaoli à celui de Marcelo Bielsa. Il y a effectivement eu quelques similitudes, sur le fond et sur la forme, dans la manière choisie par les deux anciens entraîneurs de l'OM pour claquer la porte. Mais aussi une différence majeure : le timing. El Pelado, au contraire d'El Loco, a au moins laissé à sa direction le temps de se retourner.
Pablo Longoria l'a immédiatement remplacé par Igor Tudor. Malgré la disponibilité d'entraîneurs plus attrayants sur le papier (Marcelino, De Zerbi), le dirigeant espagnol n'a pas hésité une seule seconde : il avait en effet bien des raisons d'opter pour le coach croate. Ce qu'il a vu du Hellas Vérone lui a plu. Ce qu'il a entendu de l'ancien défenseur de la Juventus, aussi. "J'ai été très agréablement surpris par ses mots, a-t-il confié mardi lors de la première conférence de presse de son nouveau coach. On a parlé de projet et de structure du club. Selon lui, il y a le club, les dirigeants, l'entraîneur, les joueurs. J'ai beaucoup aimé ça."
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En détaillant la nature de l'échange, le président olympien a mimé des étages avec sa main droite, comme pour accentuer la hiérarchie entre les différentes parties qui composent le club. "En ce qui concerne le mercato, ce sont les dirigeants qui s'en occupent", a abondé le Croate. Avec Tudor, Longoria s'épargne les discussions sans issue qu'il avait eues avec Sampaoli qui, avant d'acter son départ, avait réclamé les arrivées complètement utopistes d'Antoine Griezmann et de Renato Sanches. Ce qui ne veut pas dire qu'il décidera seul de la construction de l'effectif. Ce qui ne veut pas dire, non plus, que l'OM repart de zéro.

Les valeurs et les profils ont changé

Dans le mode de fonctionnement, Tudor conservera certains principes importés par Sampaoli, à commencer par la neutralité des statuts. Voilà pourquoi certains noms d'attaquants capables d'offrir une concurrence à Milik ont filtré. C'est aussi la raison pour laquelle Steve Mandanda s'apprête à aller voir ailleurs. Sur la profondeur de l'effectif, les enjeux restent les mêmes, puisque le technicien de 44 ans devrait lui aussi se contenter d'un groupe resserré, "à 15 ou 16 joueurs".
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Les véritables changements vont donc plutôt concerner les profils recherchés. Et contraindre le président de l'OM à laisser de côté plusieurs pistes à l'étude depuis plusieurs mois. "Un bon dirigeant doit avoir une bonne capacité d'adaptation, a-t-il rappelé mardi. Adaptation à la ville, au club, aux supporters mais aussi au coach et à son style. Il faut toujours répondre aux attentes du coach car c'est lui qui va faire jouer les joueurs et tenter d'en tirer le meilleur."
D'un football de possession, Marseille pourrait muer vers un jeu plus intense et vertical. Les critères de recrutement prioritaires ne sont donc plus les mêmes. D'autant que le schéma tactique va également évoluer, même si Tudor n'en fait pas une obsession. "L'ambition est toujours de donner au coach un effectif adaptable à son style de jeu, avec des profils individuels adaptables au collectif, a détaillé Longoria. On connaît les valeurs qu'on doit ajouter à notre groupe. Ça change la planification qu'on avait faite avec Sampaoli. Mais on s'est adapté, on a déjà des idées."

Accent italien

Ainsi, celui qui était candidat au remplacement de Boubacar Kamara la semaine dernière ne l'est peut-être plus aujourd'hui. "Kamara était un vrai 6 qui pouvait glisser en défense centrale, a rappelé l'Espagnol. Avec Igor, les deux milieux de terrain ont des caractéristiques différentes : plus de mobilité, de pressing, de sens du placement." À un peu moins de deux mois de la fermeture du mercato, Marseille n'est pas encore dans l'urgence. D'autant que ce marché est resté relativement calme si l'on excepte la bulle anglaise.
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Longoria ne souhaite pas se précipiter, même si sa mission s'annonce particulièrement ardue. Les moyens financiers sont limités et l'objectif premier reste d'augmenter l'ambition sportive du club. "On ne veut pas simplement remplacer, a-t-il martelé. On veut aussi améliorer. C'est une situation qui doit engendrer le changement de cinq à huit joueurs dans l'effectif."
Le board marseillais travaille ainsi sur la vente d'indésirables revenus de prêts non concluants (Radonjic, Amavi, Strootman) et aux départs d'autres éléments peu convaincants, comme Luis Henrique. Les réseaux italiens de Longoria, ainsi que de son nouveau directeur sportif Javier Ribalta, devraient aider. Le journaliste spécialiste du mercato Fabrizio Romano évoquait par exemple des négociations autour de Kevin Strootman avec... l'Hellas Verone, qu'Igor Tudor a quitté il y a quelques semaines. Les potentiels renforts évoqués ces derniers jours (Simeone, Mertens) démontrent que l'entente pourrait fonctionner dans les deux sens.
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Igor Tudor lors de sa présentation à Marseille, le 5 juillet 2022

Crédit: Getty Images

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